Diverger pour innover


diverger pour innover

Ce que les machines ne peuvent (pas encore) faire comme les humains, c’est sortir du cadre.

Un ordinateur produit ce qui est formalisable selon des règles, il ne peut changer les règles de son propre chef, et ne peut donc pas créer au sens d’inventer quelque chose de nouveau.

En sociologie, l’innovation passe par une déviance, une attitude de « braconnier » qui s’affranchit des normes.

Plus encore, il faut pour innover (ré)apprendre à tâtonner, observer, expérimenter, rêver. Elmar Mock*, parle d’un « état gazeux » propice à la créativité : état mental de l’enfance, de la liberté totale, de l’illusion et de l’imaginaire.

Pour illustrer cela, confrontons les métaphores culinaires de Gérard Berry, chercheur en science informatique, et de Michel Serres, philosophe et chercheur en sciences humaines.

D'un côté, Gérard Berry définit un algorithme (source wikipédia) comme «une façon de décrire dans ses moindres détails comment procéder pour faire quelque chose. Le but est d’évacuer la pensée du calcul, afin de le rendre exécutable par une machine numérique. Une recette de cuisine peut être réduite à un algorithme, si on peut réduire sa spécification aux éléments constitutifs :

  • des entrées (les ingrédients, le matériel utilisé) ;

  • des instructions élémentaires simples, dont l'exécution amène au résultat voulu ;

  • un résultat : le plat préparé.

D'un autre côté, Michel Serres (in Sciences Humaines octobre 2015) raconte « vous savez que le mot « méthode » vient du grec « méthodos » qui signifie le « chemin ». Or, si vous suivez le chemin de Landerneau, vous arriverez toujours à Landerneau. C’est la même chose qu’une recette de cuisine : si vous suivez scrupuleusement la recette de la tarte Tatin, vous ferez … une tarte Tatin. Mais on est en droit de s’arrêter une minute et de se demander comment ont fait les sœurs Tatin pour inventer cette fameuse tarte. Et bien elles ont fait une gaucherie : elles ont renversé la tarte, qui est tombée à l’envers. La pensée véritable procède ainsi : par bifurcation et par sérendipité. On trouve ce que l’on ne cherchait pas. C’est par l’erreur que s’accomplissent les progrès. L’homme se trompe, et c’est parce qu’il se trompe qu’il invente.

J’en conclus, -moi qui adore la tarte Tatin et, en même temps, trouve bien pratique d’acheter du coulis de tomates industriel- que l’injonction omniprésente du numérique ne doit pas faire négliger les ressources du potentiel humain.

Pour aller dans ce sens, organisez dans votre entreprise un parcours « déconstructurant » avec l’atelier Débridez votre créativité. Cliquez pour un avant-goût.

* Elmar Mock, Ingénieur horloger et en matières plastiques, est l’inventeur avec Jacques Müller de la montre Swatch à vingt six ans, puis crée la Rockwatch de Tissot, avant de quitter l’horlogerie en 1986 et de fonder la société Creaholic à Bienne en Suisse qu’il dirige depuis. Innovateur en série, E. Mock est dépositaire de plus de 300 brevets dans des domaines variés.

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