Le stress, phénomène diabolisé


Pourquoi évoquer le stress alors qu’on atteint la saturation médiatique sur le thème ? Parce que, plus que le phénomène, c'est sa stigmatisation qui m'interpelle.

Un article dans Le Point titre « Le Manuel de combat antistress » et développe : « on l’appelle le mal du siècle. Il martyrise le corps et l’esprit. Le stress n’épargne personne. Comment le vaincre ? »

Mêmes mots que pour une menace terroriste ou un virus mortel !

Cela illustre 3 choses :

  1. La surenchère médiatique sur les accroches alarmistes.

  2. Une propension à considérer que le problème vient de l’extérieur, que l’ennemi c’est l’autre, que la responsabilité est ailleurs.

  3. Et le corollaire de ce défaut de responsabilité : le sentiment d’insécurité.

Or, ce sont précisément ces 3 paramètres qui rendent malade du stress. Et donc sur ces 3 paramètres qu’il faut agir.

Retrouvez la présentation pour Rhodanim sur slideshare : Comprendre le stress, démystifier et agir.

Je développe ici la partie sur les moyens d’action pour mieux gérer le stress.

A propos des stresseurs, il appartient à chacun d’évaluer ses choix de vie, ses priorités et ses besoins et de prendre la main sur ce qu’il peut changer.

Concernant plus précisément l’aspect du stress qui désigne la réaction spécifique de chaque individu, terrain qui passionne la famille des « neuros » scientifiques, psychiatres, biologistes, phsychiatres etc., il s’agit de comprendre comment s’élabore le raisonnement intelligent, la prise de décision.

Antonio Damasio, l’un des spécialistes mondiaux du cerveau démontre que le fonctionnement mental interagit étroitement avec le corps, que les facultés mentales ont besoin des émotions et des sensations pour se structurer. Ce postulat va dans le sens des techniques de gestion du stress qui interviennent sur la relation corps / mental, telles que la sophrologie.

Par ailleurs, la sophrologie vise la responsabilisation de la personne et on en revient aux 2 autres paramètres illustrés par le dossier du Point : la crise de responsabilité et l’insécurité.

Car prendre conscience de sa responsabilité face aux évènements est un passage obligé pour pouvoir agir.

Je cite à ce sujet Marcel Gauchet sur France Culture :

« c’est une grande ressource que de prendre conscience que nous ne pouvons compter que sur nous, que nous pouvons faire quelque chose, mais pas tout et pas tout de suite ».

Imaginons une échelle avec à l’une des extrémités « je suis responsable de tout », à l’autre extrémité « je ne suis responsable de rien ».

D’un côté, on va avoir un individu constamment sur la brèche, avec le risque à un moment de l’épuisement des ressources.

De l’autre côté, on va avoir un individu privé de ses moyens de réaction, si je ne me sens pas responsable, je ne me sens pas habilité à agir, donc chaque stresseur est vécu comme un danger, une menace avec ce sentiment de ne pas pouvoir y faire face, donc un sentiment permanent d’insécurité propre au stress pathologique.

Enfin, le stress ne dépend pas de l'intensité de l'action, mais de celle de la tension : il y a des gens très actifs qui sont aussi très détendus (parce qu’ils savent gérer leur stress) alors qu’il y a des gens peu actifs qui sont très tendus.

La gestion du stress va apporter des outils pour déclencher consciemment un rééquilibrage du curseur sur l’échelle de la responsabilité.


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par Catherine Ducatel Sophrologue formation gestion du stress Montélimar Drôme Rhône-Alpes